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Argent et factures

Fixer son tarif en jours-homme : une méthode pour un étudiant entrepreneur

Sur SuperÉtudiant, le prix d’une mission est libre : c’est l’étudiant qui le fixe. Encore faut-il savoir le construire. Voici une méthode simple, fondée sur les taux de cotisations officiels de 2026, sans barème imposé.

Mis à jour le 26 septembre 2026 · 5 min de lecture · Sources consultées le 25 septembre 2026

Chaîne de calcul : tarif journalier multiplié par le nombre de jours donne le chiffre d’affaires HT encaissé, moins les cotisations, donne le net avant impôt. Le prix est libre.
Du tarif journalier au net avant impôt : le prix reste libre, on le construit à partir de ce que l’on veut garder.

Un prix libre, donc une responsabilité

Un principe non négociable de notre plateforme : l’étudiant fixe librement son prix, son planning et ses méthodes. C’est aussi ce qui distingue un indépendant d’un salarié (voir notre guide sur le lien de subordination). Nous affichons seulement, à titre indicatif, une valeur de référence pour aider l’entreprise à comprendre le prix d’un livrable ; ce n’est ni un plancher ni un plafond, et ce n’est pas un tarif de marché issu d’une étude.

Fixer son prix librement suppose de savoir ce qu’il faut pour que la mission soit viable : temps passé, cotisations, matériel et logiciels, temps non facturé.

La méthode en cinq étapes

  1. Estimez la charge en jours-homme. Un jour-homme correspond à une journée de travail d’une personne (environ 7 heures de travail effectif). Ajoutez une marge de 10 à 20 % pour les allers-retours et les corrections, surtout pour une première mission.
  2. Décidez de ce que vous voulez garder par jour après cotisations (votre « net » cible).
  3. Remontez au tarif journalier HT : tarif = net cible ÷ (1 − taux de cotisations).
  4. Ajoutez vos frais (logiciels, déplacements, hébergement) si vous ne les facturez pas séparément.
  5. Comparez à la valeur de référence affichée dans le simulateur, sans vous y aligner mécaniquement.

Exemples chiffrés avec les taux 2026

Les taux de cotisations de 2026 (Urssaf, consultés le 25/09/2026) sont de 25,6 % pour les prestations relevant des BNC et de 21,2 % pour les prestations de services commerciales et artisanales (BIC). Avec l’ACRE, pour un début d’activité à compter du 1er juillet 2026, ces taux sont de 19,2 % et 15,9 % la première année.

Net cible par jourTauxTarif journalier HT à facturer
60 €25,6 %60 ÷ 0,744 ≈ 80,65 €
60 €21,2 %60 ÷ 0,788 ≈ 76,14 €
60 €19,2 % (ACRE)60 ÷ 0,808 ≈ 74,26 €
100 €25,6 %100 ÷ 0,744 ≈ 134,41 €

Lecture : pour garder 60 € par jour après cotisations en BNC, il faut facturer environ 80,65 € par jour. Ces chiffres ne comprennent ni l’impôt sur le revenu éventuel, ni la contribution à la formation professionnelle, ni la CFE, ni vos frais.

Compter les jours, pas les heures

Sur SuperÉtudiant, une mission est exprimée en jours-homme, par exemple 5 jours pour un audit ou 8 jours pour un site vitrine. L’intérêt : le client compare des charges de travail plutôt que des taux horaires. Attention, un jour-homme n’est pas forcément une journée entière consécutive : vous pouvez répartir vos jours sur plusieurs semaines pour respecter vos cours, à condition que le planning soit convenu et que les jalons soient tenus.

Le simulateur affiche, à partir du nombre de jours et de votre tarif, le prix total, la valeur de référence et l’économie estimée pour l’entreprise. Vous pouvez enregistrer le résultat dans votre fiche offre.

Cas pratique : un site vitrine de 8 jours

Notre mission type « Site vitrine » est estimée à 8 jours-homme. À 84 € par jour (l’exemple utilisé par le simulateur, pas un tarif recommandé), cela fait 672 € de chiffre d’affaires HT. Avec un taux de cotisations de 25,6 % (prestations BNC, taux plein 2026), les cotisations s’élèvent à 172,03 € : il reste 499,97 € avant impôt éventuel et avant frais. Avec l’ACRE à 19,2 % (début d’activité à compter du 1er juillet 2026), les cotisations sont de 129,02 € et il reste 542,98 €.

Ce calcul montre deux choses : la première mission est souvent la moins rentable (temps de prise en main, corrections), et un tarif journalier trop bas laisse très peu une fois les cotisations payées. C’est à vous de trancher : vous pouvez consentir un prix d’appel pour votre première référence, à condition de le faire en connaissance de cause.

Quand le budget du client est limité

Face à un client dont le budget est inférieur à votre tarif, ne baissez pas mécaniquement votre prix journalier. Proposez plutôt de réduire le périmètre : moins de pages, un livrable de départ à compléter plus tard, ou une première phase de diagnostic. Vous gardez la valeur de votre journée et le client reçoit un résultat utile pour son budget.

Réviser son tarif

Après trois missions menées à bien, revoyez votre tarif à la hausse : vous êtes plus rapide, vos références se sont étoffées et vos retours clients le justifient. Conservez un tableau simple : date, client, jours prévus, jours réellement passés, prix, chiffre d’affaires encaissé. Il vous montre où vous sous-estimez la charge.

Prévu contre réel : l’habitude qui change tout

Notez dès la première mission le temps réellement passé par tâche. Un écart régulier de 30 % entre le prévu et le réel signifie que vos estimations sont trop optimistes ; augmentez la marge ou réduisez le périmètre. Cette donnée n’a de valeur que si elle est vraie : elle vous appartient et elle n’est communiquée à personne.

Les erreurs classiques

  • Vendre trop bas pour « décrocher » : un prix trop bas dévalorise votre travail et vous laisse peu de marge en cas d’imprévu.
  • Oublier les cotisations : on encaisse 420 €, on n’en garde pas 420.
  • Ne pas prévoir de marge de correction : ajoutez un ou deux tours de retours dans la charge.
  • Confondre chiffre d’affaires et bénéfice : en micro-entreprise, les cotisations se calculent sur les factures encaissées, sans déduire les frais.
  • Dépasser la franchise de TVA sans s’en apercevoir : surveillez votre chiffre d’affaires annuel (seuil de 37 500 € de prestations de services, voir notre guide cotisations et impôts).

À retenir

  • Prix libre : c’est vous qui fixez votre tarif journalier.
  • Formule utile : tarif = net cible ÷ (1 − taux de cotisations).
  • Comptez une marge pour les corrections et les imprévus.
  • Les valeurs de référence du simulateur sont indicatives, pas des tarifs de marché.

Questions fréquentes

Existe-t-il un tarif minimum ou maximum ?

Non : sur SuperÉtudiant le prix est libre. Le simulateur affiche seulement une valeur de référence indicative.

Comment savoir combien de jours prévoir ?

Découpez la mission en tâches, estimez chacune en demi-journées, ajoutez 10 à 20 % de marge pour les retours, puis validez avec le client au moment du cahier des charges.

Dois-je facturer mes logiciels ?

Vous pouvez soit les intégrer à votre tarif, soit les facturer en frais à part, à condition de l’écrire dans le devis.

Le prix affiché comprend-il la TVA ?

En franchise de TVA, vous facturez sans TVA (mention « art. 293 B du CGI ») : prix HT et TTC sont alors identiques.

Sources

  1. Autoentrepreneur.urssaf.fr — L’essentiel du statut (taux, plafonds, ACRE, déclarations) — valeurs 2026 ; consulté le 25 septembre 2026.
  2. Service-Public Entreprendre — Fiscalité d’un micro-entrepreneur — vérifié le 13 mars 2026 ; consulté le 25 septembre 2026.
  3. Service-Public Entreprendre — Mentions obligatoires sur une facture — vérifié le 11 août 2026 ; consulté le 25 septembre 2026.

Ces informations sont générales et peuvent évoluer : vérifiez les taux et règles en vigueur à la date de votre mission. Vous avez repéré une erreur ? Écrivez-nous via la page À propos.

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